À Dschang, l’Aigle Royal de la Menoua avance à deux vitesses. Sur le terrain, El Pacha brille et occupe la tête de la MTN Elite One après trois journées. En coulisses, le club fait face à un retrait de soutiens financiers, à une faible mobilisation populaire et à l’indisponibilité de son stade historique. Un paradoxe qui inquiète alors que renaît l’espoir d’un premier titre national.
Sept points sur neuf possibles, dix buts inscrits pour seulement deux encaissés : le bilan sportif de l’Aigle est impressionnant. La dernière démonstration remonte au dimanche 1er novembre 2026, avec une victoire éclatante (4-0) contre Stade Renard de Melong, au stade municipal de Mbouda. Faute de pouvoir évoluer dans son antre du CENAJES, dont l’état de dégradation avancé empêche l’utilisation, le club de Dschang est contraint de recevoir ses adversaires loin de ses bases habituelles.
Mais les performances ne suffisent pas à garantir la sérénité autour d’El Pacha. Certains mécènes ont récemment retiré leur soutien financier, alors même que l’équipe réalise l’un de ses meilleurs débuts de saison.

Face à cette situation, le maire de Dschang, le professeur Émile Temgoua, a effectué une visite inopinée à l’entraînement lundi 2 novembre, accompagné du docteur Toukam Landry. Il a remis aux joueurs une enveloppe de 250 000 francs CFA pour les encourager à poursuivre sur leur lancée.
Le magistrat municipal a également déploré la faible présence des supporters aux entraînements comme lors des matchs, évoquant seulement cinq fidèles présents. Avec le directeur du CENAJES, Nana Kouakam Simplice, et l’entraîneur Mbakop André, il a promis l’accompagnement de la municipalité pour réhabiliter l’aire de jeu et permettre à l’équipe de retrouver son stade.

Fondé en 1932, l’Aigle Royal de la Menoua fête ses 94 ans en 2026 sans avoir encore remporté le championnat du Cameroun. Malgré trois places de vice-champion et quatre finales de Coupe du Cameroun perdues, le club reste en quête d’un premier sacre national.
À Dschang, les supporters réclament aussi la rénovation du CENAJES. « Le stade du CENAJES mérite d’être doté d’une pelouse verte afin que l’Aigle puisse y évoluer en toute quiétude », plaide Penté. Désiré Nintedem, lui, ironise sur « le seul stade de l’Ouest avec du gazon rouge », en référence à la terre battue.

Le début de saison nourrit l’ambition. Pour que le rêve d’El Pacha ne s’essouffle pas, les résultats devront désormais s’accompagner d’un soutien financier, populaire et institutionnel à la hauteur de ses ambitions.



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