On est désormais fixé sur les 26 joueuses retenues pour la 16e édition de la CAN Féminine 2026. Le patronne du banc de touche des LionnesIndomptables, Valentine Nguele, a dévoilé son groupe après moins d’une semaine de stage à Yaoundé. Ce regroupement a permis au staff technique d’observer plus de 40 joueuses afin de composer avec les meilleurs. Sauf que deux joueuses cadres à savoir de la sélection ne seront pas de l’expédition. Il s’agit de : Falone Meffometou et Nchout Njoya Ajara. Elles avaient pris la décision de quitter le stage sans motivation connue. Même la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) avait joué la carte du silence.
Au lendemain de la publication de la liste, Nchout Njoya Ajara décide de briser le silence. Face aux supputations en cours à son sujet notamment sur la question du brassard, elle a battu en brèche en indiquant clairement que cette étoffe n’etait pas sa priorité. Pour l’ancienne joueuse de l’Inter Milan, sa priorité c’est le Cameroun. Elle a publié un long message sur son compte Facebook en indiquant les raisons de son départ sans plus de précisions. Ajara met en avant une question de valeur.
Ci-dessous l’intégralité de sa sortie :
« Ma priorité, c’est le Cameroun, pas le capitanat. Depuis plusieurs jours, beaucoup de choses sont dites, écrites et interprétées à propos de mon départ du rassemblement des Lionnes Indomptables. Par respect pour le peuple camerounais qui m’a tant donné, je ressens aujourd’hui le devoir de prendre la parole. Je tiens d’abord à dire une chose très simple : mon départ n’a jamais été une question de capitanat. Jusqu’à ce rassemblement, nous savons tous qui était capitaine ; moi, je ne saurais quitter un poste de vice-capitaine pour réclamer le capitanat. Le brassard n’a jamais été une obsession pour moi, encore moins une condition pour servir mon pays. L’unique honneur que j’ai, c’est de porter le maillot des Lionnes Indomptables. Les Lionnes Indomptables m’ont tout donné. Elles m’ont permis de grandir comme joueuse, comme femme et comme être humain. Elles ont changé ma vie. Je n’oublierai jamais d’où je viens. Comme beaucoup de jeunes Africains, je suis partie de très loin. Je me souviens encore de ces périodes où je vendais des beignets pour gagner quelques commissions. Avec ces modestes revenus, j’achetais mes tenues d’entraînement et mes chaussures de football afin de continuer à vivre mon rêve. À cette époque, je n’avais ni privilège, ni raccourci. J’avais seulement une passion immense pour le football et une détermination à toute épreuve. Si je partage ce souvenir aujourd’hui, ce n’est pas pour susciter la compassion, mais pour dire à chaque jeune Africain que les rêves sont permis. Mon histoire est la preuve qu’avec du travail, de la discipline et de la persévérance, il est possible d’aller au-delà de ce que l’on imaginait. Depuis dix-huit ans, en sélections inférieures et chez les seniors, j’ai eu le privilège de représenter le Cameroun. Durant toutes ces années, je me suis toujours efforcée d’être une joueuse respectueuse de mes entraîneurs, des membres du staff technique et médical, de l’administration, de mes coéquipières, de mes adversaires et de toutes les personnes qui ont accompagné mon parcours. Je ne prétends pas être parfaite, mais j’ai toujours essayé d’être fidèle aux valeurs que mes parents m’ont transmises : le respect, la discipline, l’humilité, le travail et l’amour du Cameroun. C’est précisément parce que ces valeurs sont essentielles à mes yeux que j’ai pris la décision de quitter ce rassemblement. Je ne citerai aucun nom. Je ne souhaite accuser personne ni alimenter des polémiques qui détourneraient l’attention de l’essentiel : les Lionnes Indomptables et la CAN qui approche. Je dirai simplement que j’ai vécu des situations que je n’ai pas jugées compatibles avec les valeurs qui ont guidé toute ma carrière. J’ai donc choisi de me retirer, non par colère, mais par responsabilité. Je ne voulais pas que ma présence devienne une source de distraction ou de division dans un groupe qui doit rester uni autour d’un seul objectif : défendre les couleurs du Cameroun. Je tiens également à préciser que, si la Coupe d’Afrique des Nations féminine s’était tenue en mars ou en avril 2026, je n’y aurais pas participé, n’ayant pas été invitée à rejoindre le groupe à cette période. Cette précision est importante pour éviter que ma décision actuelle soit interprétée comme une revendication liée à un statut ou à une fonction. À celles avec qui j’ai partagé tant de combats, je souhaite une excellente préparation et une très belle CAN. Je serai leur première supportrice. Je vibrerai pour chaque but, chaque victoire et chaque moment de fierté qu’elles offriront à notre nation. Enfin, je veux remercier du fond du cœur le peuple camerounais. Vous m’avez portée dans les moments de joie comme dans les périodes plus difficiles. Votre affection, vos encouragements et vos prières ont été une force immense tout au long de ma carrière. Aucun événement ne pourra effacer tout l’amour que je porte à mon pays. Je resterai toujours un enfant du Cameroun. Je resterai toujours une Lionne Indomptable. Et tant que mon cœur battra, ma priorité restera le Cameroun, jamais le capitanat. Avec tout mon amour et toute ma gratitude. Je vous aime aussi. »
Nchout Njoya Ajara



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