À quatre ans de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, le royaume vient de renforcer son dispositif juridique concernant les animaux errants. Une décision qui intervient alors que la gestion des chiens errants suscite des critiques internationales.
Le Maroc se dote d’un nouveau cadre légal pour la protection et la prise en charge des animaux errants. Promulguée le 10 août 2026 et entrée en vigueur le 14 août après sa publication au Bulletin officiel, la loi n°19.25 instaure un dispositif national destiné notamment à mieux encadrer la gestion des chiens et chats errants.
Le texte prévoit la création et la gestion de centres d’accueil, un système de déclaration des animaux ainsi qu’une base de données nationale. Il vise également à mieux répartir les responsabilités entre les différentes autorités et à renforcer la prévention des risques sanitaires liés aux animaux errants.
L’entrée en vigueur de cette législation intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Maroc. Le pays prépare la Coupe du monde 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal, une édition historique qui sera organisée entre l’Europe et l’Afrique.
Or, la question des chiens errants est devenue un sujet régulièrement associé aux préparatifs marocains du tournoi. Des médias étrangers et des organisations de protection animale ont accusé les autorités marocaines d’avoir recours à des campagnes d’abattage pour réduire la présence des chiens dans les rues avant l’arrivée des supporters et visiteurs internationaux.
Face à ces critiques, les autorités marocaines défendent une approche reposant notamment sur la protection, la stérilisation, la vaccination et la prise en charge des animaux.
La nouvelle loi entend ainsi répondre à une problématique qui dépasse désormais les frontières du royaume. Son adoption constitue une étape importante, mais son efficacité dépendra surtout de son application sur le terrain.
Le Maroc devra notamment développer les capacités d’accueil, renforcer les opérations de stérilisation et assurer un financement suffisant des structures spécialisées. L’implication des collectivités territoriales sera également déterminante pour garantir une gestion cohérente sur l’ensemble du territoire.
À l’approche du Mondial 2030, cette question prend une dimension supplémentaire. En coorganisant la compétition avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc sera exposé pendant plusieurs semaines au regard de millions de visiteurs et de téléspectateurs à travers le monde.
La manière dont le royaume traitera la question des animaux errants participera donc aussi à son image internationale. Pour Rabat, l’enjeu sera désormais de transformer ce nouveau cadre juridique en résultats concrets et de démontrer que les exigences liées à l’organisation du Mondial 2030 peuvent aller de pair avec une politique durable de protection animale.



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