Le contentieux autour du complexe sportif d’Olembe connaît un nouveau rebondissement. L’État du Cameroun a été condamné par le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) à indemniser le groupe italien Gruppo Piccini, ancien constructeur du complexe sportif situé à Yaoundé. La décision, rendue le 4 septembre 2026, porte la facture globale à un peu plus de 50 milliards de FCFA, soit environ 78,5 millions d’euros.
Le différend entre les deux parties remonte à novembre 2019, lorsque Piccini avait été évincé du chantier d’Olembe. Le groupe italien, qui estimait cette rupture abusive, avait alors engagé une procédure arbitrale contre l’État camerounais. Piccini réclamait initialement 250 milliards de FCFA, soit environ 381 millions d’euros, en réparation du préjudice qu’il estimait avoir subi.
Le Cirdi, juridiction arbitrale basée à Washington, n’a finalement pas retenu l’intégralité de cette demande. Il a condamné l’État camerounais à payer 17 milliards de FCFA à Piccini. À cette somme s’ajoutent différents frais liés à la procédure, faisant grimper le montant global à plus de 50 milliards de FCFA, soit 78,5 millions d’euros.
Au-delà du montant financier, c’est surtout la qualification juridique retenue qui donne une portée particulière à cette décision. Le Cirdi considère que l’éviction de Piccini constitue une expropriation illégale et estime que l’État camerounais n’a pas accordé à son ancien partenaire un « traitement juste et équitable ». Une conclusion qui donne une nouvelle dimension à un dossier ouvert depuis près de sept ans.
Yaoundé ne compte toutefois pas accepter cette décision sans réagir. Selon RFI, l’État camerounais a annoncé son intention de faire appel auprès du Cirdi. Il prévoit également d’engager une autre procédure contentieuse devant la chambre d’arbitrage internationale de Paris. Le litige n’est donc pas définitivement clos.
Cette nouvelle bataille judiciaire ramène également sur le devant de la scène le complexe sportif d’Olembe, l’un des projets emblématiques de la préparation de la CAN 2021, finalement disputée au Cameroun en 2022. Le chantier avait été initialement évalué à 163 milliards de FCFA, avant de connaître plusieurs rallonges budgétaires.
Huit ans après le lancement des travaux, le complexe et ses infrastructures annexes ne sont toujours pas achevés. Après le départ de Piccini, le chantier avait été repris par un groupe canadien, lui aussi aujourd’hui engagé dans un contentieux avec l’État camerounais.
Le contraste reste saisissant pour une infrastructure présentée comme l’un des symboles de la CAN organisée par le Cameroun. Ainsi, au-delà des 78,5 millions d’euros auxquels le Cameroun est condamné dans le dossier Piccini, l’affaire illustre surtout les lourdes conséquences financières et judiciaires des difficultés qui entourent encore le complexe sportif d’Olembe.



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