Au moment de couper le ruban du nouveau siège de la FECAFOOT ce mercredi 13 mai 2026 à Yaoundé, Samuel Eto’o n’a pas seulement inauguré un bâtiment administratif. Le président de l’instance faîtière du football camerounais a aussi ravivé la mémoire d’un projet né il y a plus de quatorze ans sous la présidence de Iya Mohamed.
Dans un discours chargé d’émotion, l’ancien capitaine des Lions Indomptables a tenu à reconnaître publiquement celui qu’il considère comme l’initiateur de cette ambition devenue réalité : « Monsieur le Premier ministre, représentant personnel du chef de l’État, Iya Mohamed voyait beaucoup plus loin que son époque. Il est le début de ce beau rêve. Il a vu juste. Il a compris ce dont l’histoire de notre football avait besoin : une administration à la hauteur des performances des Lions. Il nous a fallu plus de quatorze ans pour ça. Et l’un de ses joueurs, ici devenu président, a tenu à accomplir son rêve. Voici donc son rêve qui a vu le jour ». Par cette déclaration, Samuel Eto’o a placé cette inauguration dans une logique de continuité plutôt que de rupture.
L’histoire du nouveau siège de la FECAFOOT commence officiellement le 13 novembre 2012. À cette époque, Iya Mohamed préside encore aux destinées du football camerounais et souhaite offrir à la fédération une infrastructure moderne capable d’accompagner le rayonnement des Lions Indomptables. Le projet est ambitieux. Il prévoit la construction d’un siège spacieux et moderne à Warda, en plein cœur de Yaoundé. La livraison est alors annoncée pour 2013. Mais le chantier va rapidement se heurter à une succession de difficultés. Les ennuis judiciaires de Iya Mohamed, les changements à la tête de la fédération ainsi que plusieurs litiges liés à l’exécution des travaux vont complètement ralentir le projet. Au fil des années, l’immeuble inachevé devient le reflet des turbulences qui secouent le football camerounais. Pendant longtemps, nombreux sont ceux qui pensent que le bâtiment ne sera jamais achevé.
Lorsque Samuel Eto’o accède à la présidence de la FECAFOOT en 2021, le dossier du siège apparaît encore comme un chantier sensible et complexe. Pourtant, l’ancien attaquant du FC Barcelone décide d’en faire l’un des symboles de son mandat. Dans un contexte marqué par les critiques et les tensions autour de sa gestion, l’achèvement du siège devient progressivement un objectif stratégique pour le dirigeant camerounais. Sous sa présidence, les travaux reprennent véritablement de l’ampleur. Les procédures administratives sont accélérées, les derniers aménagements finalisés et le bâtiment finit par sortir définitivement de terre après plus d’une décennie d’attente. En inaugurant l’édifice ce mercredi, Samuel Eto’o a ainsi posé l’acte final d’un projet commencé sous un autre président, dans un autre contexte et à une autre époque.
Dans l’histoire récente de la FECAFOOT, peu de projets auront autant traversé les générations dirigeantes. Entre la pose de la première pierre par Iya Mohamed et l’inauguration officielle par Samuel Eto’o, plusieurs exécutifs se sont succédé sans parvenir à conclure ce chantier. Aujourd’hui, le nouveau siège de Warda lie définitivement les noms des deux hommes. L’un pour avoir porté la vision initiale d’une fédération modernisée. L’autre pour avoir réussi à transformer cette vision en réalité concrète. Au-delà des débats autour des mérites de chacun, cette inauguration raconte surtout l’histoire d’un projet qui aura résisté au temps, aux crises et aux changements de direction avant de devenir l’un des nouveaux symboles institutionnels du football camerounais.


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