TAS : Première bataille perdue pour Eto'o face aux arbitres

TAS : Première bataille perdue pour Eto’o face aux arbitres

L’horizon s’assombrit pour Samuel Eto’o Fils à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), alors que le spectre d’une suspension de son élection devient une hypothèse de plus en plus tangible. Si l’ancienne gloire du ballon rond occupe toujours son fauteuil présidentiel, l’édifice de sa gouvernance est aujourd’hui cerné par pas moins de six procédures distinctes devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne.

La tension est montée d’un cran ce 5 mai 2026 suite à une correspondance de Delphine Deschenaux Rochat, conseillère auprès du TAS, qui confirme un revers procédural majeur pour l’instance faîtière du football camerounais. En déclarant recevable l’appel de l’Association Camerounaise des Arbitres de Football (ACAF) et en affirmant sa compétence pour statuer sur le fond, la juridiction suisse vient de lever le premier verrou qui protégeait l’élection contestée de novembre 2025.

L’origine de ce séisme juridico-sportif remonte aux promesses non tenues de la campagne de 2021, où Samuel Eto’o s’était engagé à professionnaliser le corps arbitral et à garantir des salaires mensuels. Selon Alioum Sidi, président de l’ACAF, la réalité a été tout autre : une dégradation continue des conditions de travail et une dette colossale de 300 millions de FCFA d’arriérés d’indemnités sur quatre ans. Ce bras de fer a basculé dans l’arène judiciaire après que la Fecafoot, en réaction à un mot d’ordre de grève lancé en avril 2025, a purement et simplement évincé l’ACAF du processus électoral pour la remplacer par une structure jugée plus docile. Cette exclusion, qui a touché les scrutins départementaux, régionaux et nationaux, est aujourd’hui le cœur du litige qui pourrait invalider l’ensemble du processus ayant conduit à la réélection du « Pichichi ».

La stratégie de défense de la Fecafoot, qui tentait de paralyser la procédure en plaidant l’incompétence du TAS lors d’une audience en visioconférence le 17 mars dernier, a officiellement échoué. Les juges de Lausanne ont estimé que toutes les voies de recours internes à Yaoundé avaient été épuisées, ouvrant ainsi la voie à un examen approfondi de la légalité du mandat actuel. La Fecafoot dispose désormais d’un délai de 20 jours pour soumettre ses mémoires en défense, mais la reconnaissance de la « qualité d’agir » de l’ACAF est déjà perçue par de nombreux observateurs et clubs contestataires, notamment ceux de la région du Nord-Ouest, comme une victoire décisive. Si le TAS venait à confirmer l’irrégularité de l’exclusion des arbitres, c’est toute la pyramide électorale de la fédération qui pourrait s’effondrer, plongeant une nouvelle fois le football camerounais dans une zone d’incertitude totale.

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