CAN 2028 : l’Éthiopie dépose officiellement sa candidature à la CAF

CAN 2028 : l’Éthiopie dépose officiellement sa candidature à la CAF

L’Éthiopie entre officiellement dans la course à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2028. La Fédération éthiopienne de football a annoncé avoir transmis son dossier à la CAF, avec le soutien du gouvernement fédéral. Une candidature qui remet l’Afrique de l’Est au centre des débats, alors que l’Afrique australe défend également un projet régional.

La course à l’organisation de la CAN 2028 prend une nouvelle dimension. L’Éthiopie a officiellement déposé sa candidature auprès de la Confédération africaine de football (CAF), a annoncé lundi 24 août la Fédération éthiopienne de football (EFF). L’instance affirme avoir présenté son « Bid Handbook », le dossier officiel destiné à répondre aux exigences du processus de sélection de la CAF. Le projet bénéficie par ailleurs du soutien du gouvernement fédéral éthiopien.

« L’Éthiopie a officiellement soumis sa candidature à la CAF pour accueillir la CAN 2028 », a annoncé l’EFF, précisant que le dossier était soutenu par le gouvernement de la République fédérale démocratique d’Éthiopie et qu’il devait confirmer la capacité du pays à organiser le tournoi. Cette annonce intervient alors que la CAF a officiellement lancé, le 3 juillet dernier, son nouveau cadre de candidature pour les éditions 2028, 2032 et 2036. L’instance continentale explique avoir élaboré ce processus avec l’appui de conseillers techniques, financiers et juridiques afin d’établir une procédure transparente et crédible de sélection du ou des pays hôtes.

Pour l’Éthiopie, cette candidature revêt une dimension historique. Le pays possède une place particulière dans l’histoire de la CAN puisqu’il a accueilli la compétition à trois reprises, en 1962, 1968 et 1976. L’édition de 1962 avait même vu la sélection éthiopienne décrocher son unique titre continental à domicile, après une victoire 4-2 après prolongation contre l’Égypte. La dernière CAN organisée sur son sol remonte donc à un demi-siècle.

Cette ambition avait déjà été affichée avant le changement de calendrier de la compétition. L’Éthiopie s’était initialement positionnée pour l’organisation de la CAN 2029. La décision de la CAF de faire évoluer le calendrier de la CAN et de passer à un cycle quadriennal à partir de 2028 a conduit Addis-Abeba à réorienter son projet vers cette édition.

Sur le plan sportif et géographique, la candidature éthiopienne présente également un intérêt particulier. La CAN 2027 doit être organisée conjointement par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda du 19 juin au 17 juillet 2027, une première pour trois pays d’Afrique de l’Est. Une attribution à l’Éthiopie en 2028 permettrait ainsi à la région de conserver la compétition sur son territoire pour une deuxième édition consécutive. La CAF a d’ailleurs présenté la CAN 2027 comme un rendez-vous historique pour l’Afrique de l’Est.

Mais le dossier éthiopien devra convaincre sur un autre terrain : celui des infrastructures. Le pays dispose d’un important potentiel démographique et économique, tandis qu’Addis-Abeba accueille notamment le siège de l’Union africaine. En revanche, plusieurs infrastructures sportives ont connu des retards et certains stades doivent encore atteindre les standards nécessaires pour accueillir une compétition de l’ampleur de la CAN. La capacité de l’Éthiopie à présenter un réseau de stades, d’hébergements, de transports et d’installations répondant aux exigences de la CAF constituera donc un élément central de l’évaluation.

Face à l’Éthiopie, l’Afrique australe entend également défendre ses chances. Le projet régional a d’abord été présenté au printemps comme une candidature commune réunissant l’Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie et le Zimbabwe. Le président de la COSAFA, Tariq Babitseng, avait alors confirmé que les quatre associations avaient soumis un dossier commun à la CAF.

La situation a toutefois évolué. En juin, le gouvernement namibien a publiquement pris ses distances avec cette candidature, affirmant ne pas avoir autorisé la Fédération namibienne à participer au projet et précisant qu’aucun engagement financier ou opérationnel n’avait été pris par l’État. Depuis, les communications disponibles font davantage état d’un projet porté par l’Afrique du Sud, le Botswana et le Zimbabwe.

Pour l’Afrique du Sud, l’argument infrastructurel constitue un atout majeur. Le pays a déjà organisé la CAN à deux reprises, en 1996 et en 2013, ainsi que la Coupe du monde 2010. Le projet régional entend justement s’appuyer sur cette capacité d’accueil, tout en permettant au Botswana et au Zimbabwe de bénéficier d’une partie des rencontres et des retombées liées à l’organisation.

La candidature éthiopienne ne sera donc pas seulement une affaire de prestige historique. Elle devra démontrer que le pays est en mesure de transformer son ambition en garanties concrètes. Pour la CAF, l’évaluation portera notamment sur la capacité des candidats à satisfaire les exigences du cahier des charges et à assurer une organisation à la hauteur de l’un des plus grands événements sportifs du continent. La Confédération rappelle que son nouveau cadre de candidature doit permettre d’évaluer les projets selon un processus structuré et conforme aux meilleures pratiques internationales.

La bataille pour la CAN 2028 s’annonce ainsi particulièrement intéressante. D’un côté, l’Éthiopie veut ramener le tournoi dans un pays qui possède une histoire forte avec la compétition et qui souhaite moderniser son image footballistique. De l’autre, l’Afrique australe mise sur une candidature régionale capable de mutualiser ses infrastructures et son expérience. La décision finale de la CAF devra départager ces ambitions sur la base des critères de son processus de sélection.

À ce stade, l’Éthiopie a donc officiellement franchi une étape importante, mais l’organisation de la CAN 2028 ne lui est évidemment pas acquise. Le dossier devra encore être évalué par la CAF. Le prochain enjeu sera désormais de connaître précisément les candidatures retenues dans le cadre du processus actuel et les différentes étapes qui mèneront à la désignation du futur pays ou des futurs pays hôtes.

Auteur/autrice

  • Figure montante du journalisme sportif au Cameroun, Ulrich Tchomo consacre son travail à raconter le football sous toutes ses facettes. Des compétitions internationales aux championnats locaux, il décrypte l'actualité avec rigueur et passion. Amateur de lecture, de voyages et de découvertes gastronomiques, il puise dans ces expériences une ouverture qui enrichit son regard sur le sport et le monde.

Ulrich Tchomo

Figure montante du journalisme sportif au Cameroun, Ulrich Tchomo consacre son travail à raconter le football sous toutes ses facettes. Des compétitions internationales aux championnats locaux, il décrypte l'actualité avec rigueur et passion. Amateur de lecture, de voyages et de découvertes gastronomiques, il puise dans ces expériences une ouverture qui enrichit son regard sur le sport et le monde.

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